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 Reina T. Fergusson ◊ Fallen Princess ◊

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Reina T. Fergusson
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Inscrit le 09/09/2015.

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Secrétaire médicale

 
MessageSujet: Reina T. Fergusson ◊ Fallen Princess ◊ Dim 13 Sep - 3:14

[presentation][pentete prenom="Reina Tyree" nom="Fergusson" img="http://i21.servimg.com/u/f21/14/58/50/37/test210.png" citation="« Live your dreams, don't dream your Life ! »"][pinfos prenom="Reina Tyree" nom="Fergusson" nationalite="Américaine" age="24" metier="Professeur de musique/Pianiste/Secrétaire" groupe="Aphrodites"][pcaractere]« Vivre. » Ce mot représente à lui seul suffisamment ce qui motive Reina, ce qui la pousse à se lever chaque matin même s'il ne fait pas beau. Elle est du genre à ne rien prévoir à l'avance, à se laisser porter par le souffle, l'intrication des évènements, de ses envies soudaines et momentanées. Elle ne pense pas au futur, et se contente de vivre le présent à fond. Elle considère chaque jour comme un cadeau et ne se prive d'aucune excentricité, quitte à parfois chevaucher les règles. Cependant, jamais elle n'agira dans le but d'embêter, de gêner ou de causer du tort à autrui. Elle se lance toujours des défis, qu'elle tente par tous les moyens d'accomplir, une forme de jeu où elle choisit les règles, comme pour toujours restée motivée. Son comportement parfois excessif et irrationnel s'explique par un besoin de trouver une raison de vivre et d'exister autre qu'une simple envie ou qu'un simple désir de reconnaissance.

Pour autant, elle n'est pas du genre énergique, c'est plutôt une fille sage et calme qui demeure timide en bien des points. Elle est capable de s'excuser plus rapidement que son ombre, avant qu'elle ne cause un incident. Fidèle et loyale, il y a plus de chances qu'elle meure sous la torture plutôt qu'elle vous dénonce, surtout si vous êtes une amie proche. Paradoxalement, même si elle est capable de mentir pour protéger quelqu'un, elle déteste absolument tout ce qui touche de près ou de loin au mensonge. Elle déteste également les personnes manipulatrices ou qui se servent des autres pour arriver à leurs fins. Si elle se sent en confiance, elle peut parfois être honnête, mais faire confiance est devenu une de ses plus grosses difficultés. Sans parler de peur panique à la moindre rencontre, il s'agit plutôt d'une question de relation à court ou long terme. Auparavant trahie, elle est désormais bien plus méfiante qu'avant, même si elle est, à son grand dam, toujours d'une grande naïveté. Elle peut se faire avoir par n'importe quelle personne ayant du charisme ou du bagout, mais attention à la découverte du pot aux roses ! Elle ne risquerait de ne jamais vous le pardonner.

Même si elle ne souffre d'aucun trouble psychologique suite à son accident, elle porte un grand bagage émotionnel, fardeau qui reste et demeure toujours très lourd à porter. Pour autant, elle déteste se plaindre et n'est pas du genre à raconter sa vie à qui voudrait l'entendre. Elle est vivante, et elle préfère profiter de la vie plutôt que de pleurer sur son sort. Et même si le passé la rattrape plus fréquemment qu'elle ne le voudrait, elle essaye de garder le sourire autant que possible, tâchant de demeurer optimiste. Cependant, elle a hérité de son ancienne vie de peurs presque obsessionnelles... Peur des véhicules ou de la conduite, mais aussi peur de la mort et de la solitude. De véritables phobies qui s'expliquent par son vécu et dont elle mettra du temps à se libérer. Elle a également des craintes moins gênantes, comme celle de déplaire ou de gêner les autres.

Sentimentalement, c'est une adepte du romantisme. Elle ne s'est jamais véritablement cataloguée, ayant toujours été une adepte du dicton "peu importe l'apparence, ce qui compte c'est le cœur". Elle a déjà flirté plusieurs fois avec des connaissances lorsqu'elle était au Saint Mary's College, sans jamais chercher à obtenir une véritable relation, par peur de briser des amitiés ou, pire encore, de semer le trouble dans de vrais couples. Même si elle a toujours eu une attirance pour les personnes vives et énergiques, ou qui semblent indépendantes ou fortes, elle se méfie d'elles davantage depuis sa vie commune passée, son ancien mari étant exactement ainsi. Il est bon de signaler qu'elle n'aime pas l'odeur de cigarette, qu'elle tient moyennement l'alcool, et qu'elle adore les animaux. Sa couleur préférée est le bleu azur.[/pcaractere][pphysique]Belle jeune femme âgée de vingt-quatre ans, Reina est la copie conforme de sa mère, Caroline, étant jeune. La seule différence avec sa mère en fait, c'est la couleur de ses yeux. Et éventuellement sa taille, elle est plus petite avec son mètre soixante-cinq et plus légère avec ses cinquante-deux kilos. En vérité, elle a tout hérité d'elle, elle n'a pratiquement aucun trait Amérindien, et porte juste les yeux de son père, une couleur ambrée rare, profonde mais surtout... unique depuis l'accident. En effet, la princesse n'a qu'un seul œil valide, l'autre demeurant dissimulé sous une protection en tissu. Bien qu'à plusieurs reprises on lui ait conseillé d'utiliser une prothèse oculaire pour qu'elle n'ait pas à arborer un cache-oeil que certains qualifient de sinistre, elle s'y est toujours opposée. Elle n'accepterait peut-être même pas que la médecine moderne lui rende son œil, si cela était possible ! Reina a ses propres raisons quant à ce refus, même si de toute manière, ses dernières sont souvent remises en question.

Sa longue chevelure, couleur châtaine, glisse lorsqu'elle n'est pas attachée jusqu'à ses cuisses, parfois au point d'être gênante. Ainsi, la jeune femme ne détache ses cheveux que lorsqu'elle n'a aucune activité physique de prévue. Autrement, elle fait une tresse, ou un chignon, pas ne pas être gênée dans ce qu'elle fait ou va faire. Physiquement, elle est du genre frêle, notamment à cause de sa longue léthargie qui a davantage affiné ses membres. c'est d'ailleurs une de ses priorités, ordonnée par les médecins, reprendre un peu de poids et surtout de muscles, son organisme ayant bien trop perdu durant sa convalescence. Pour autant, la taille de sa poitrine et les courbes de son corps ont peu bougé, habilement dessinée malgré sa longue hospitalisation. Présentant un bonnet C sans prétention aucune, elle n'a jamais vraiment accordé une si grande importance à ses propres courbes. Sa mère était la seule qui était obstinée par la beauté de sa fille et donc de l'image qu'elle présentait aux autres. Désormais, après son accident et les atteintes à son physique, Reina pense bien autrement.

Techniquement, elle est d'ailleurs toujours en rééducation, en ayant encore pour de longs mois de travail avant d'être totalement libérée des suivis médicaux. Avec des efforts, elle marchera donc normalement et ses pas seront assurés. Elle pourra même sauter, courir, danser ! En revanche elle gardera toute sa vie un problème de répartition de poids et donc de balance, à cause de ses blessures à la tête : si elle n'est pas attentive, elle peut perdre l'équilibre facilement, le problème étant accentué sur des terrains accidentés ou pentus. Elle ne sait pas non plus si elle peut prétendre à certains sports qui font appel à l'équilibre, comme le vélo par exemple, ni si elle sera capable de danser correctement... Probablement des loisirs qui lui demanderont beaucoup de travail.

Elle possède de nombreuses cicatrices, dont elle n'est pas vraiment fière. Heureusement, elles sont quasiment toutes dissimulées sous ses vêtements, son cache-oeil ou ses cheveux. Les plus importantes, les plus visibles, sont situées sur son ventre. Une large cicatrice légèrement rosée longue d'une dizaine de centimètres qui parcourt sa peau blanche, traversée par une autre verticale, tout aussi longue quoique un peu moins large, et donc moins visible. Les mêmes cicatrices sont présentes à l'opposer, dans son dos, avec une troisième qui serpente cinq centimètres de plus vers le bas, jusqu'à la naissance de ses fesses. D'autres vestiges sont plus finement visibles ici et là, résultant de coupures liées aux matériaux du véhicule -plastique, verre- et s'atténueront avec le temps naturellement. Sur son visage trône d'anciennes traces de blessures particulièrement visibles, sur son œil droit. Cette trace se noie verticalement dans son cuir chevelu, l'autre file vers son oreille, la traversant pour s'arrêter à la naissance de ses cheveux. Heureusement, la médecine moderne a permis à Reina de conserver son organe auditif, habilement restauré sans paraître disgracieux.

Est-ce qu'elle s'accepte, elle et son physique marqué ? Oui, assurément, à condition que ses blessures ne soient montrées à personne. Peut-être une forme de complexe, même si elle-même ignore véritablement ce qu'il en est réellement. Peut-être est-ce aussi parce qu'elle sait, quoiqu'il advienne, certaines choses ne changeront jamais. Son équilibre parfois erratique n'est rien face à sa désormais immuable stérilité. Jamais cela ne lui avait été dit clairement, mais elle l'avait néanmoins compris, entre deux sous-entendus. Les chirurgiens avaient été exceptionnels pour soigner ses graves plaies, et même s'ils avaient été capables de reconstruire son utérus, ce dernier ne possédait plus sa fonction reproductrice. Une autre souffrance supplémentaire apposée en plus sur l'autel de la rancune envers "lui". Cependant, elle était vivante, et c'était la chose la plus importante pour l'heure.

Vestimentairement, elle est adepte des robes, les préférant largement comparer aux pantalons qu'elle trouve parfois "oppressants". Sa préférence va pour les robes longues, la couleur variant suivant les situations... Sa favorite est une robe rouge et noire à dentelles offerte par sa mère, fabriquée par cette dernière, et dont la valeur est inestimable à ses yeux. Sinon elle porte des couleurs plus génériques en temps normal, comme le blanc ou le bleu. Par temps froids, il lui arrive souvent de mettre des collants et de porter des chandails chauds, assortis d'une écharpe.[/pphysique][phistoire]La princesse au regard flamboyant, ainsi était-elle appelée, sept ans auparavant, par ses amies de primaire. Puis par celles de l'université, et enfin, par lui. Celui qui l'avait extirpé de l'emprise de ses parents pour lui faire découvrir le véritable monde extérieur, en dehors de toute bulle protectrice, de toute préconception. Pour beaucoup, il était un véritable prince charmant, pour d'autres, il était un pêcheur qui entraînait la jeune femme dans la luxure d'un monde vicié. Toutes l'enviaient, toutes la jalousaient. Il était riche, beau, ambitieux, avait un charisme fou et ne s’embarrassait pas des codes restrictifs de la société. À travers son regard bleuté, elle avait cru vivre à nouveau, comme si pour la première fois de son existence, elle était libre, comme une princesse libérée d'un donjon qui volait de ses ailes d'anges vers un Royaume enchanté, tenant son sauveur par la main. Et si elle pouvait voler, pourquoi ne pas chercher à atteindre les nuages ? Le soleil ? Ses ailes d'un blanc immaculé l'emmenaient toujours plus haut, au point de pouvoir de sa main, toucher les cieux divins....

Mais ces immenses ailes angéliques n'étaient plus. Le rêve n'avait plus forme. Et tout ce qui restait, à la fin, c'était le blanc. Le blanc immaculé. Celui du plafond, des murs, de sa blouse, de la couleur des machines, qui, à n'en pas douter, la maintenait en vie. Cela avait ressemblé à un songe, sortit droit d'un conte de fées, mais il n'en était rien. Il ne s'agissait que d'un délire provoqué par de faux souvenirs, par son esprit épuisé éprouvé par le coma. Le manque de sensations de son corps brisé ne trompait guère quant à l'état de ses facultés mentales et sensorielles. Et sa vue, auparavant précise, offrait désormais un contrastant mélange de clarté et d'obscurité, à gauche l'atroce, vacillante réalité, et à droite les ténèbres d'un noir profond. Si elle avait véritablement parcouru le ciel de ses ailes d'ange, si elle était parvenu jusqu’aux nuages avec son prince charmant, alors la chute avait été rude, aussi rude que pouvait l'être le monde réel. Mais ce n'était pas grave. La douleur, la souffrance, la tristesse, le froid de cette pièce au blanc aveuglant. Tout disparaissait facilement au profit d'un sublime rêve. Il suffisait de dormir....



2026, l'année de sa venue au monde. Reina Tyree Eileen est née dans une famille aisée, à Fort Wayne dans l’État de l'Indiana, aux États-Unis. Son père était un riche industriel, typé Amérindien, qui avait fait fortune dans l'import-export de véhicules automobiles de luxe asiatiques. Sa mère, originaire du Texas, a hérité d'une grosse partie de l'entreprise pétrolière familiale Higgins à la mort de ses parents, pour ensuite percer dans le domaine de la haute couture, avec sa propre marque de vêtements. Arrivée tardivement, on ne plaçait pas d'espoirs en Reina, ses frères et sœurs étaient déjà dans la vie active, avec des métiers à la hauteur du standing familial : juge d'instruction, mannequin, vice-présidente d'une société immobilière, et représentante des États-Unis à l'ambassade américaine du Lesotho ! S'ils avaient besoin de quelque chose, ce n'était sûrement pas d'un cinquième enfant, plutôt d'un conseiller financier. Heureusement pour elle, Reina pouvait compter sur le manque d'affection maternelle ressenti par sa mère. Ses frères et sœurs étaient devenus rapidement autonomes, aidés notamment par un père qui avait dépensé argent comptant pour leurs études... Ils avaient grandi trop vite, trop aux yeux de leur mère qui n'avait pu en profiter suffisamment. Alors, elle se rattrapait avec Reina.

C'était une enfant comme les autres. Joueuse, énergique, mais aussi chouchoutée par sa mère. Elle n'avait aucun talent particulier, ni aucune prédisposition apparente. Elle n'était ni surdouée, ni précoce, peu intéressée par la musique ou l'inconnu. En fait, à part le fait qu'elle était mignonne, comme tous les enfants de cet âge, elle était horriblement banale, et ce n'était pas son beau regard ambré plein de bonne humeur qui allait changer les choses. Mais il en fallait plus pour décourager une mère en manque d'amour, et cette dernière ne lui en tenait rigueur pour rien au monde. Son père en revanche, pensait différemment : de bonnes études, une bonne éducation, stricte et droite, ainsi que de l'ambition ! Voilà ce qui faisait la force de la famille depuis des générations. Lorsque la tribu de la famille Eileen était au pied du mur, dans les années 1700, chassée par les expropriations gouvernementales dans l'Indiana, il avait fallu rebondir, changer de style de vie ! Quitter la terre de leurs ancêtres pour joindre la civilisation des hommes blancs, et y jouer un rôle pour y décrocher une place, pour s'imposer ! Aujourd'hui, pour un homme d'origine amérindienne, tenir une telle place dans la société était non pas un privilège, mais un droit, en regard de ce qu'ils avaient accompli, lui et ses parents. Reina devait devenir quelqu'un elle aussi, et il n'y avait pas d'exception à la règle, qu'elle soit intelligente ou stupide.

Pour autant, son enfance fut heureuse, choyée par sa mère et, plus discrètement, par son père. En tant que visage autoritaire de la famille, il semblait toujours chercher à être sévère, mais il était facile de voir dans son jeu. Et quand bien même ses notes scolaires passaient avant tout le reste, la jeune Reina percevait la bienveillance de son paternel, à travers son air grognon. La jeune fille qui découvrait la vie au fil des ans devenait peu à peu, une belle jeune femme. Sa chevelure avait grandie de manière significative, toujours coiffée impeccablement par la meilleure artisane de la ville, la couleur de ses yeux, d'un vif orangé scintillant, faisait fondre bien des cœurs, tandis que ses courbes attiraient de plus en plus d'indiscrets regards. Il y avait quelque chose qui se dégageait d'elle, une forme de pureté insondable, elle semblait toujours ailleurs, comme sur un nuage, ou dans un autre univers, hors d'atteinte. Elle était source de fascination, mais aussi de jalousie. Beaucoup l'enviaient, elle et ses beaux vêtements, elle et sa riche famille, mais peu osaient vraiment s'en prendre à elle, pour des raisons diverses, probablement guère infondées. La princesse. C'était son surnom.

La vérité, c'est qu'elle était constamment protégée par sa mère, qui n'offrait aucun écart à l'établissement scolaire. Le personnel éducatif savait à quoi s'attendre en cas de problèmes, et sans le savoir, la princesse était surveillée perpétuellement. Les petits farceurs qui voulaient s'en prendre à elle étaient durement réprimandés, même s'il ne s'agissait que de jeux d'enfants. L’inquiétude de Caroline se fit presque psychose lorsqu'elle entendit des rumeurs sur la possible relation amoureuse que sa fille entretenait avec un garçon, au point d'interroger longuement les enseignants pour connaître le vrai du faux de la chose. Ce que Reina prenait pour une scolarité normale, était donc en réalité une série de miroirs, de façades apparentes, érigées pour qu'elle n'ait jamais à souffrir ou à connaître la douleur, presque entourée et servie par de multiples servants sans jamais le savoir. Même les sourires faux de ses plus proches amies, jamais ne furent démasqués... Reina était l'innocence même, et elle aurait pu s'en rendre compte si elle était allée au lycée normalement, comme les autres.

Mais la protection de sa fille passait avant tout. C'est ainsi qu'à partir de quatorze ans, Reina débuta de longues années d'études à la maison. Bien entendu, elle sortait régulièrement, principalement pour aller à ses cours de piano, mais la majorité de ses journées étaient passées avec sa mère, protectrice jusqu'à l'obsession. La princesse avait un contact limité avec le monde extérieur, mais elle n'était pas triste pour autant. Son sourire ne disparaissait jamais, heureuse de partager de si bons moments avec sa génitrice. Elle gardait également contact avec ses amies de l'école primaire, grâce à internet et son portable, sans savoir que ne les reverraient pour certaines, que quatre années plus tard. Car après de longues études en famille, s'ouvrirent les portes du Saint Mary's College, université catholique pour femmes qui offrait un cadre idyllique mais aussi un enseignement de qualité. Une idée de sa mère, qui voyait en sa fille, la pianiste qu'elle n'avait jamais pu être étant jeune, principalement à cause de l'héritage de ses grands-parents et de ses études de haute-couture. C'est ainsi que Reina se dirigea vers une licence en musicologie.

La découverte de la vie en communauté était une nouveauté, mais encore une fois, sa mère n'était jamais très loin, quand bien même l'université était bien distante de la maison familiale d'au moins cinquante kilomètres. Reina n'était pas spécialement douée au piano, et ne possédait ni oreille musicale, ni mémoire photographique. Jouer de cet instrument était de l'initiative de sa mère, et la jeune fille n'y avait pas vu d'inconvénient, d'autant que cela lui permettait à l'époque de sortir de la maison pour aller à ses cours, du moins jusqu'à ce que le professeur ne finisse par venir les donner à domicile. C'était la raison pour laquelle Reina visait une licence de musicologie, et non de musique. Cela ouvrait plus de possibilités d'avenir, et lui donnait la chance d'apprendre sur un secteur plus vaste, avec des facultés autres que ses seuls talents musicaux. Son "statut" de princesse ne disparaissait pour autant pas, beaucoup de jeunes femmes étaient fascinées par sa prestance et sa beauté, d'autres, plus rusées, cherchaient juste à être amies par intérêt, en pensant probablement bénéficier de coups de pouce professionnels grâce à la famille Eileen. Il y avait également quelques flirts entre filles, mais jamais rien de bien sérieux. Et c'est dans sa dernière année d'université qu'elle le rencontra. Rick Joshua Junior Fergusson. Alias "Rick'", ou "Ricky'.

Rick était le genre de jeune homme atypique qui faisait toujours parler de lui... souvent en mal. Il se moquait bien des règles, et ne semblait jamais limité dans ses actes. C'était un arrogant charmeur qui n'était pas exempt d'une certaine forme de galanterie. Leur première rencontre eut lieu dans le campus, alors qu'il venait tout juste de franchir le mur pour entrer dans l'enceinte de l'université. Ce faisant, il était tombé de façon idiote sur le dos, ce qui avait fait sursauter une Reina surprise dans sa lecture paisible adossée à un arbre, mais qui ne pouvait se retenir face au ridicule de sa posture. Par plusieurs fois, elle le vit franchir alors le mur d'enceinte pour entrer dans le campus, une façon à lui d'éviter de tomber sur les gardiens de son université, qui en avaient assez de ses escapades. Son impertinence intriguait Reina, qui éprouvait une attirance envers lui et l'insolente inconnue qu'il représentait. Il se jouait des règles et des préjugés avec une facilité amusante, presque désarmante. Se rapprochant inexorablement de lui à chaque nouvelle rencontre, ils finirent par être toujours collés ensemble, lui l'entrainant dans des sorties hors campus variées, que cela soit au cinéma ou en soirée. Une complicité qui échappait à la vigilance de sa mère, cette dernière ne le découvrant que le jour de l'obtention de la licence en musicologie de Reina, avouant le jour même qu'elle allait s'installer avec Rick dans une maison à Lansing, dans le Michigan. Très loin donc, de la demeure familiale.



Sa mère prit très mal la nouvelle, coupant les ponts avec sa fille, mais aussi toute aide financière. Elle se sentait trahie, son courroux n'étant aucunement apaisé par sa santé vacillante et sa vieillesse avancée. Son mari lui-même n'était pas en bonne santé, la faute à un cancer des poumons discret qui ne sera jamais diagnostiqué. Reina et Rick s'installèrent dans une somptueuse demeure à Lansing, et c'était une véritable vie de rêve qui débutait pour la jeune femme, qui pouvait ainsi découvrir le véritable monde, sans l'écran protecteur imposé par ses parents, par sa mère. Rick était son beau prince charmant, et sa fortune n'avait d'égale que sa beauté. Il était l'homme idéal, et il était plus que difficile de lui trouver des défauts. Grâce à sa licence en musicologie, Reina se vit proposer un poste de professeur de musique au Michigan State University School of Music. Elle donnait également des cours du soir aux élèves en cours préparatoires, et se produisait parfois sur scène lors de longs récitals de piano. Elle n'était pas particulièrement célèbre, mais elle faisait sensation par ce qu'elle dégageait, et par la mélancolie de la plupart des morceaux qu'elle interprétait. Oui, à cette époque, elle vivait sur un véritable petit nuage. Naïvement, peut-être, mais elle était heureuse.

'Ricky' était ambitieux, et sa licence en business et marketing n'était qu'un début. Ses relations et son énergie lui permirent d'être dans les faveurs du lieutenant-gouverneur de l'État, jusqu'à atteindre, trois mois plus tard, le statut de conseiller d'État. Il ne lui fallut dès lors moins de six mois pour gravir les échelons, prendre sa carte du parti politique concerné et devenir le gouverneur de l'État du Michigan, juste à temps pour les élections. Ce poste hautement placé rendait Reina fière de son compagnon, à tel point que pour fêter cela, ils se marièrent dans la semaine qui suivit, sous la forme de somptueuses noces, sous le porche du capitole du Michigan. Elle avait alors 23 ans, lui en avait 25. Cette année fut marquante en bien d'autres points : le déménagement, dans une grande résidence située en banlieue chic, l'achat d'une berline et d'une familiale haut de gamme... Le luxe était présent, mais c'était surtout Rick qui dépensait, Reina elle, aimait la simplicité. Elle avait vécu dans une famille riche toute sa vie, et ne se voyait pas persister à vivre dans la luxure absolue pour le restant de ses jours. Elle se contentait de sa naïve petite vie, avec un mari aimant bien que très souvent absent, en déplacement ou en voyage hors état, à cause de son statut de gouverneur, mais pas seulement... Rick cherchait à atteindre le poste de sénateur. Et pour cela, il n'hésitait pas à aller de villes en villes pour se faire de nouvelles relations haut placées... au détriment de sa vie familiale. Reina se devait alors de s'occuper de la plupart des documents administratifs et officiels de Rick, devenant sa secrétaire malgré elle. Son temps libre fondant comme neige au soleil, elle fut obligée de mettre à un terme à ses récitals de piano et aux cours du soir dispensés aux étudiants en prépa. Même son travail principal était affecté, même si jamais personne ne lui a fait la moindre remarque quant à ses absences répétées ou injustifiées.

En janvier 2049, Reina commençait à ne plus pouvoir supporter cette charge de travail complexe qui ne faisait qu'augmenter de jour en jour. Rick était trop souvent absent et quand il rentrait, il ne restait jamais bien longtemps, se contentant parfois d'un ou deux jours par semaine. Mais même dans cette situation où la fatigue était grande, aussi bien mentalement que physiquement, elle restait fidèle à son devoir, l'attendant patiemment avec le sourire, avec la candeur qui l'avait toujours caractérisée. Mais une lettre allait tout changer, la première d'une longue série en réalité. Une lettre de menaces, déposée dans la boîte aux lettres par un inconnu. Une lettre qui menaçait de représailles, de vengeances, le gouverneur du Michigan. Au début, elles ne furent pas prises au sérieux, la police expliquant qu'il était courant que certains membres de partis politiques adverses envoient de pareilles lettres. Mais les forces de l'ordre furent bien plus appliquées à la tâche lorsqu'un homme tenta de s'introduire chez les Fergusson après la huitième lettre, sans y parvenir. Ce que Reina, traumatisée par l’événement, ne raconta pas à la police, c'étaient les accusations portées par cette huitième lettre, son auteur inconnu prétextant que sa famille avait été menacée lors des dernières élections, à tel point qu'il avait dû retirer sa candidature. Avec ces informations, Reina se doutait évidemment de qui il s'agissait, et même si elle ne voulait pas y croire, les multiples informations divulguées dans ces courriers finirent par la faire douter.

Le soir même où Rick rentrait de Washington après un repas avec un sénateur, Reina se confia quant au contenu de la lettre, parlant des accusations portées à l'encontre de son mari. Et pour la première fois de sa vie, elle vit "Ricky" perdre tous ses moyens, au point de devenir livide. Colérique, il lui intima de ne plus jamais parler de cette affaire, que cela entacherait sa réputation si de telles rumeurs venaient à se répandre dans le milieu. Choquée, Reina découvrit une facette de son mari qu'elle ne connaissait pas, et qu'elle se mettait même à redouter. Rick avait changé, il était devenu méprisant, froid, et semblait avoir de moins en moins de scrupules vis-à-vis des autres. Toute tentative de discussion avec lui était vaine, il se braquait toujours et se couchait, irrité. Leurs rapports se dégradaient, et mal gré cela, en février, Reina découvrit qu'elle était enceinte. C'était une immense surprise et une incroyable nouvelle, mais Rick n'eut aucune réaction notable. Il s'était contenté de prendre son café avant de repartir en déplacement, dans l'Arizona. Reina était totalement perdue devant son comportement. Si elle était parvenue à s'insérer si facilement dans la vie active, c'était grâce à Rick qui l'épaulait, tout comme sa mère Caroline le faisait quand elle était plus jeune. Maintenant, elle se retrouvait livrée à elle-même, sans personne pour l'appuyer, la conseiller, la soutenir. Elle attendait un enfant, alors qu'elle-même était perdue et confuse comme une adolescente ! En désespoir de cause, elle suivit les conseils d'une assistante sociale sur une hotline anonyme, qui lui conseillait fortement de divorcer, au risque d'être toujours plus malheureuse. Reina se mit alors en recherches des documents nécessaires, utilisant l'ordinateur portable oublié de Rick pour obtenir un maximum de pièces jusqu'à découvrir des mails échangés qu'elle n'aurait préféré ne jamais lire.

Plus les semaines passaient, plus il était irritable. Il passait ses nerfs, son agacement à la maison, énervé de devoir jouer de courbettes devant les grands pour se faire une place parmi eux. Jamais il ne leva la main sur elle, physiquement parlant, mais le mobilier faisait les frais de ses colères éclaires. La grossesse de Reina se déroulait bien, mais elle avait peur que son stress ne l'affecte, sans oublier l'hypothétique possibilité de subir des coups de Rick. Cette pensée seule lui intimait de rester à distance de lui, de le quitter le plus vite possible, mais elle ne pouvait pas partir ainsi. Elle se devait au moins, par égard pour leur vie commune et pour son travail, finir de rédiger et de remplir les innombrables documents officiels administratifs concernant l'État du Michigan. Elle avait quitté son poste de professeur pour ce faire, misant ses dernières forces dans cette ultime preuve d'amour. Mais le premier juillet 2049, un courrier anonyme fut envoyé au commissariat central d'East lansing, expliquant que le gouverneur Fergusson aurait usé de moyens de pression criminels pour parvenir à ses fins, et donc, à son élection. L'affaire fut passée sous silence, mais lorsque Rick rentra de déplacement, la première chose qu'il fit fut de briser la table du salon, enragé, vociférant contre Reina en l'accusant d'être l'auteur de la lettre. Il lui avouait être au courant qu'elle préparait un divorce en secret, et qu'elle avait consulté ses mails personnels... Ceux où il écrivait à des individus inconnus ses instructions, quant à ce qu'il fallait faire à telle ou telle famille qui représentait une menace pour les élections... Meurtres des animaux de compagnie avec mise en scène macabre, incendies criminels, dégradations de véhicules, menaces de mort. Il avait tout manigancé mais n'en avait jamais parlé, parce qu'elle n'avait rien à savoir sur la façon dont il menait sa carrière politique, ce n'était pas ses affaires. Mais avec cette lettre, elle aurait tenté de le trahir, et d'obtenir le divorce tout en ruinant sa vie professionnelle. Ce soir-là, il tendit la main pour la frapper, mais suspendit son geste. Peut-être parce qu'il n'était pas ce genre d'homme ? Ou alors c'était la vision de sa frêle jeune femme, enceinte de six mois, qui avait retenu sa main... Reina jamais ne connut la vérité sur cette soirée. Rick avait fini par se calmer, pour reprendre son travail le lendemain comme si de rien n'était.

Pour la première fois de sa vie, elle était terrorisée... Et pas seulement pour elle, pour l'enfant qu'elle portait également. Se décidant finalement, elle profita de l'absence de Rick pour faire ses affaires rapidement, dans un départ précipité qui ressemblait plus à une fugue qu'à autre chose. Elle avait vingt-trois ans, elle était encore jeune, et avait la vie devant elle ! Son conte de fée était terminé, et il ne tenait qu'à elle d'en vivre un autre, avec n'importe quel autre prince charmant que celui-ci! Prenant la voiture familiale, une puissante et luxueuse Legacy, elle fit d'abord un voyage vers deux heures du matin jusqu'à l'appartement indiqué par l'assistante sociale, un logement de secours qui ne pouvait être durable, mais qui était censé dépanner les femmes en difficultés. Là-bas, elle offrit un coup de neuf à l'endroit inutilisé et poussiéreux, cachant au passage une clé USB dans le double fond du tiroir de l'unique commode présente, avant de faire le trajet retour jusqu'à la maison... Lorsqu'elle voulut s'arrêter remettre de l'essence dans sa voiture, elle fut surprise de voir que sa carte était refusée, et qu'elle ne pouvait rien payer ! Elle, qui ne touchait quasiment jamais à son compte bancaire, économisant en prévision de l'avenir, de projets futurs, à court d'argent ? C'était incompréhensible. De retour à la demeure familiale, éreintée par ses efforts à cause de sa grossesse, elle fut surprise de voir Rick qui l'attendait, assis sur une chaise en face de la porte d'entrée. Oui, elle partait. Elle était peut-être naïve, stupide, candide, mais elle ne pouvait plus tolérer son comportement, ses mensonges, même si cela se justifiait par un meilleur poste, ou un travail mieux payé. Et surtout, elle ne comprenait plus son comportement, son manque de confiance envers elle, après un an et demi ensemble, surtout avec tout ce qu'elle avait fait pour lui. De sa voix frêle, elle s'était expliquée, relâchée, libérant ce qu'elle avait sur le cœur et montrant pour la première fois son véritable mécontentement, sous la forme d'une colère qu'elle n'avait encore jamais ressentie auparavant.



Prenant quelques maigres affaires, sans oublier l'ordinateur portable de Rick, aucunement discrète, elle quitta définitivement la résidence familiale, gardant comme dernier souvenir de son mari son regard froid, inexpressif, et son fin sourire, presque effrayant. Sur la route qui la menait à son futur logement, elle se mit à pleurer, effrayée par ce qu'elle vivait et l'inconnu qui se profilait, attristée d'être parti ainsi, après ces mois de vie commune, après ce mariage prestigieux, ces si belles promesses. Pour accompagner cette nuit emplie de tristesse, les cieux répondirent à ses larmes, les nuages sombres au-dessus d'elle libérant une fine pluie, comme si un ange là-haut partageait son chagrin. Pourquoi ne comprenait-il pas ? Pourquoi était-il devenu ainsi ? Ne comprenait-il pas qu'elle se moquait de l'argent, de la luxure, de son travail, qu'il soit gouverneur, Sénateur ou président des États-Unis ? Ne pouvait-il pas simplement comprendre qu'elle ne désirait que partager son existence et être heureuse ? C'était à n'y rien comprendre. Où s'était-elle trompée ? Où avait-elle fait une erreur ? Qu'avait-elle fait pour mériter cela ? Que pouvait-elle faire pour se racheter ? S'excuser ? Elle ne voulait pas vraiment partir, elle allait se retrouver seule, sans personne, sans lui... Les larmes coulaient et ne s'arrêtaient guère, cri du coeur et cri de l'âme. Lorsqu'on trébuche dans la rue, il arrive que l'on saigne du nez. Mais lorsqu'on trébuche dans la vie, ce sont les larmes qui coulent.

La suite des évènements demeure trouble, même encore aujourd'hui. Elle venait de rejoindre la nationale vingt-sept qui remontait le long de la Muskegon River après une sortie manquée sur l'autoroute. La route était sinueuse bien qu'en excellent état, mais la pluie qui était tombée précédemment rendait la conduite délicate. Une voiture qui arrivait alors derrière à vive allure fit un dépassement pour mieux se rabattre devant elle, en plein virage. Reina ne se souvient même pas si elle a percuté ce véhicule ou si elle s'est jetée d'elle-même sous la surprise hors de la route. Ses derniers souvenirs de l'accident résident sous forme d'images figées dans sa mémoire. Elle, coincée par le tableau de bord déformé, ensanglantée, puis l'état atroce de sa voiture, éventrée par un arbre, cinq mètres plus bas, et enfin, cette vision du véhicule qui brulait avec ses affaires, alors qu'elle rampait dans la boue, la Lincoln de son mari observant depuis la route. Parfois, d'autres images lui parviennent, floues, instantanément suivies de migraines, comme si inconsciemment elle ne désirait pas s'en souvenir. Le goût du sang et de la terre dans la bouche, la douleur atroce qui vrillait tout son corps, l'odeur âcre de plastique qui brulait, sous forme d'effluves ténébreuses... Tout cela lui suffisait amplement. Et elle n'avait aucune envie de revivre cela davantage.

Depuis combien de temps dormait-elle ? Le temps n'avait plus de prise, il était devenu une notion abstraite. Elle n'était plus capable de l'interpréter, tout passait si vite ! Heureusement qu'il y avait ce médecin. Il avait été si aimable de tout lui expliquer en détail, avec un tact dont il était sûrement fier. Perte de son enfant, paraplégie, hémorragie cérébrale critique, sans oublier ses comptes bancaires vidés, la perte de ses affaires dans l'accident... Et il osait dire qu'elle pouvait encore vivre à condition de se battre, c'était d'un cynisme. Mais n'était-ce pas un rêve, cela aussi ? Après tout, l'endroit où elle était ne ressemblait en rien à la pièce où elle avait parlé à ce fameux docteur. Ici, tout était d'un blanc immaculé, d'une sophistication rare, d'un propre presque insolent. Et si elle était morte ? C'était une explication somme toute rationnelle. Ou alors, elle rêvait, encore. Un rêve où elle ne dormait pas, et où elle n'était pas paralysée des jambes. La preuve, elle pouvait bouger ces dernières. Dans ce cas, quelle était la vérité ? Comment distinguer le vrai du faux ? Où s'arrêtait le rêve, où commençait la réalité ? Il n'y a que lorsque cette infirmière vînt à son chevet lui retirer le tube qui envahissait sa gorge, devenu difficile à supporter, qu'elle comprit enfin. Elle était quelque part, dans une sorte de nouveau monde, ou plutôt dans une sorte de nouvelle vie. Comme une seconde chance qui s'offrait.

L'infirmière avait été vague, mais sitôt assise, sa masse cérébrale recommençait à travailler à un régime correct, pour ne pas dire régulier. Ses souvenirs flous de son premier réveil se firent alors plus précis, plus riches en informations. Elle se souvenait bien mieux des dires de ce fameux médecin, fut-il parti d'un rêve ou d'une réalité floue. L'accident aurait dû lui être fatal, c'était quelque chose qu'elle avait très bien assimilé. Les traumatismes les plus graves étaient localisés en région crânienne et gastro-intestinale. Ce dernier point avait causé le décès de l'enfant, mais aussi la paralysie complète à partir de son bas-ventre. Le docteur avait assuré qu'avec la technologie moderne, des soins étaient envisageables et qu'elle pouvait même remarcher, plus tard. Son œil perdu dans l'accident pouvait peut-être être remplacé par un implant, alors tout n'était pas perdu, à condition qu'elle continue à combattre. Sans compter "qu'il" allait être à ses côtés dans cette épreuve, pour la soutenir tout du long. Elle ne se souvenait pas de sa réaction face à cette déclaration qui s'était probablement voulue pleine d'espoir, mais elle était sûre d'une chose : elle ne l'avait pas revu. Et s'était rendormie d'un profond sommeil, telle une princesse ensorcelée, comme si le retour à ses songes était désiré par une inconsciente envie de ne plus jamais avoir affaire à lui, peut-être même par terreur. À moins que ce n'était tout simplement de la faute de ses blessures.

Ce qu'elle ignorait, en équilibre sur le mince fil qui représentait sa vie, c'est qu'elle avait été déclarée cliniquement morte, peu après son retour dans le coma. Erreur médicale, ou manigances de son ancien mari ? Dans tous les cas, son acte de décès fut officiellement notifié, marquant la fin de son existence en ce bas monde, une semaine à peine après son accident. La jeune femme entre la vie et la mort était, au moment de la crémation du corps, emmenée par d'étranges personnes, avec toutes les machines qui la maintenaient en vie, via un vol long-courrier. Il ne faisait aucun doute que si elle était restée dans cet hôpital, elle aurait été dispersée une semaine plus tard sous forme de cendres dans la Muskegon River, en présence de "lui" et de sa famille. Mais Reina ne s'était pas seulement battue d'elle-même pour rester en vie, elle avait été grandement aidée par les soins du docteur Celestina Crowley. C'était elle qui avait contenu puis résorbé son hémorragie cérébrale. C'était encore elle qui avait reconstruit sa tempe droite, sa colonne vertébrale pour qu'elle puisse remarcher, et réparé certains de ces organes dysfonctionnels. Le réveil de Reina n'était donc pas seulement dû à sa propre volonté de rester en vie, mais à l'avancée technologique, médicale, et à une médecin au génie indiscutable.

Ainsi se retrouvait-elle en cet endroit inconnu, après cette atemporelle léthargie. Elle avait tout perdu, cette nuit du deux juillet deux mille quarante-neuf. Elle était brisée, mentalement plus que physiquement, tout cela à cause de cet homme, de ses mensonges, de son ambition, de ce qu'il avait été capable de faire pour préserver son statut. Une parfaite idiote, manipulée du début à la fin par un monstre sans foi ni loi qui ne pensait qu'à son propre contentement, sa propre ambition. Ce sentiment de vide qui l'habitait était insupportable, et elle avait envie de faire quelque chose pour le compenser, pour le combler. Mais pour cela elle allait devoir d'abord se rétablir, et quitter cette chambre étouffante. Elle sortait tout juste d'un coma de onze mois, un long sommeil qui n'avait pas été sans conséquence sur sa santé... Mais si elle pouvait sentir ne serait-ce qu'un tant soit peu l'air extérieur, peut-être même marcher seule dans l'herbe douce, alors elle en serait heureuse. Tout, plutôt que de se rallonger, et de s'endormir à nouveau, même si dans ses songes, les anges offraient contre quelques mois d'inanitions leurs plus belles ailes.

Une nouvelle existence démarrait pour la jeune femme, une vie d'espoir, où elle avait un futur. Mais pour cela, elle allait devoir laisser le passé loin derrière, sans savoir si c'était possible. Les souvenirs étaient des pièges dont on pouvait difficilement se défaire, même lorsqu'une main nous tirait généreusement de l'avant. Alors, même si cela lui faisait peur, et même si elle se sentait perdue, elle allait marcher dans l'inconnu avec son plus beau sourire. Si la vie était un cadeau, alors elle ne pouvait l'accepter en demeurant triste ou abattue continuellement, c'était son nouveau devoir....[/phistoire][phorsjeu pseudo="MakiMaki, surnom officiel" age="26" sexe="masculin" avatar="O.C de Crescentia" origine="En cherchant à la base un forum avec un bon niveau d'écriture et après avoir vu qu'un autre qui m'intéressait avait fermé... De fil en aiguille, je me suis retrouvé ici! Et jusqu'à présent aucun regret, au contraire!" suggestions="Il est très beau, très coloré, avec de superbes illustrations! XXX Holic c'est un excellent choix x3"][/presentation]


Dernière édition par Reina T. Fergusson le Lun 14 Sep - 19:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Reina T. Fergusson ◊ Fallen Princess ◊ Dim 13 Sep - 20:57

Bonjour/Bonsoir !

Il y a des détails à modifier dans ta fiche de présentation pour que tu puisses être validée !

▬ Il faut préciser comment elle est arrivée sur l'île, comment elle s'est fait enlever.
Éventuellement, je proposerai que la partie "coma" se produise sur l'île-même, peut-être même qu'elle aie été soignée par l'un des membres déjà présents de l'équipe médicale, comme Celestina Crowley.
▬ Il peut être bon aussi d'effectuer une légère relecture pour ce qui est des fautes d'orthographe ou de frappe, mais on n'en tiendra pas rigueur étant donné la longueur de la fiche elle-même, d'une excellente qualité globale.

Bon courage pour ces modifications !
Le staff reste a disposition pour toutes questions !
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MessageSujet: Re: Reina T. Fergusson ◊ Fallen Princess ◊ Lun 14 Sep - 19:57

Les modifications ont été apportées ! J'essayerai de faire moins de fautes à l'avenir, je vais voir si je peux dégotter un correcteur orthographique plus efficace que celui que j'utilise actuellement x)

Pour l'enlèvement c'est l'avant-avant-dernier paragraphe :3

_________________


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MessageSujet: Re: Reina T. Fergusson ◊ Fallen Princess ◊ Lun 14 Sep - 22:43

[blog][btexte titre="Validatioooon!"]Bienvenuuue à une magnifique fiche ! :p
▬  Nous te proposons l'emploi de secrétaire médicale. Ton personnage travaillera à l'est, et sera en charge de suivis administratifs médicaux (organiser les rendez-vous, préparer la paperasse, etc) !
▬ N'oublie pas d'aller recenser ton avatar, demander un logement, et recenser ton métier ![/btexte][/blog]
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MessageSujet: Re: Reina T. Fergusson ◊ Fallen Princess ◊

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