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 Jane Vidal || Don't mess with me, weirdo ~

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Jane Vidal
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MessageSujet: Jane Vidal || Don't mess with me, weirdo ~ Sam 5 Sep - 20:58

[presentation][pentete prenom="Jane" nom="Vidal" img="http://img15.hostingpics.net/pics/397214000.jpg" citation="Hum ?"][pinfos prenom="Jane" nom="Vidal" nationalite="Française." age="24 ans." metier="Photographe pour un magazine tendance, Zoom." groupe="Aphrodites"][pcaractere]"Jane ? Non, je ne pense pas qu'elle ait un mauvais fond. C'est pas un modèle d'amabilité, mais elle ne mord pas souvent.

- Pas souvent ? Elle a quand même frappé une des mannequins pas plus tard que la semaine dernière.

- Pas souvent, ça ne veut pas dire jamais... Et 'frapper', t'y vas un peu fort, elle lui a calé une tape derrière le crâne, un peu forte, certes, mais elle n'a pas attenté à sa vie que je sache. C'est l'autre pisseuse qui en a fait des caisses. Tu sais, je la connais depuis un bout de temps, je l'ai quasiment vu entrer dans cette boîte, elle avait quoi... 19 ans ? À peine. C'était amusant de la voir courir partout, de monter sur ses grands chevaux pour un oui ou pour un non, et râler à longueur de temps... Et depuis tout ce temps, elle a haussé le ton un nombre de fois incalculable, mais n'a jamais frappé personne. Pas à ma connaissance en tout cas. On l'a déjà vu arriver avec des bleus sur le visage, mais comme elle fait un peu de boxe, ça n'avait rien d'étonnant. Pour tout te dire, elle a toujours eu ce côté fonceuse et rentre-dedans, mais elle n'a jamais été méchante gratuitement. C'est une personne brute de décoffrage, mais elle a bon fond.

- J'ai entendu dire qu'après que Jane ait frappé l'autre hystérique, elle s’est carapatée en courant avant de s'enfermer dans les toilettes... Je suis arrivée plus tard, j'ai pas vu toute la scène. Il a fallu que le patron vienne la déloger en personne... Tu te rends compte ?

- Ah ah, ouais, t'aurais dû voir la tête du boss quand on est allé lui expliquer... Il est passé du vert au rouge puis au blanc en un rien de temps.

- Tu ne devrais pas rire de ce genre de chose, surtout qu'elle s’est blessée à la main...

- Pardon... Mais c'était vraiment trop drôle. Et paix à l'âme du dérouleur de PQ, il aura eu une vie riche et palpitante.

- Abrège...

- Mais n'empêche qu'il a géré ça comme un chef le chauve ! Sans mauvais jeu de mots hein... Il c'est pointé, il a fait sortir tout le monde et pouf ! Deux minutes plus tard, il ressortait avec Jane sous le coude direction son bureau.

- La pauvre... Elle faisait de la peine mine de rien, avec ses yeux rouges...

- Une chance qu'elle ne t'entende pas t’apitoyer sur son sort... Elle t'aurait lancé un : 'ravale ta pitié' comme elle seule sait le faire. Tac ! Dans les dents, directe.

- Tant que ce n’est pas autre chose qu'elle me met dans les dents... D'ailleurs, qu'est-ce que cette greluche a bien pu lui dire pour la mettre dans cet état ?

- Oh, un rien suffit. Dès qu'on s'approche des 'sujets tabous'...

- Ce truc de faire les guillemets avec les doigts est ridicule.

- Fiche-moi donc la paix.

- Humph... Bref. C'est quoi les 'sujets tabous' ?

- Et tu m'imites en plus de ça ? Moque-toi... Tu mériterais que je garde sous silence cette information capitale... Mais comme elle va rester encore quelque temps avec nous, normalement, ça serait dommage que tu dérapes et fasse la même bourde... Tu sais, d'ordinaire, elle est lunatique, genre toujours dans les nuages jusqu'à ce que ça explose et qu'elle passe ses nerfs sur le premier venu, tu vois le délire ? Et bien, si tu oses parler en mal de sa famille par exemple, elle part au quart de tour ! Personne ne sait pourquoi, et tout le monde y va de sa théorie, comme quoi elle n'en aurait plus, ou qu'elle aurait été adoptée, mais c'est que des foutaises... Le stagiaire blond là, Geof' je crois... Lui, il en a fait les frais ; on discutait tous du réveillon avant les fêtes avec les types de l'IT, et quand Jane a dit qu'elle le passerait seule, il a ri jaune en disant que sa famille était du genre sans coeur... ET BAM ! Directe, elle s’est levée et lui a balancé son thaï à la gueule. Après ça, elle est partie sans demander son reste comme une furie. Ils sont toujours en froid d'ailleurs. Comme quoi, une mauvaise plaisanterie mal placée, ça peut faire des ravages.

- C'est noté. La famille, pas touche.

- Hé ! C'est que t'apprends vite en plus. Bref. Personne n’a compris. Depuis, elle l'ignore, c'est tout simplement comme s'il n'existait pas pour elle. Et puis, comme Geof' est hyper caractériel aussi, il refuse de s'excuser, du coup, ça n'avance pas. Deux têtes brûlées en chien de faïence, ça peut durer une éternité, et elle est tellement butée que tu ne la verras jamais faire le premier pas pour aller s'excuser. Oh, et... Pareil avec tout ce qui touche aux religions, elle est hyper terre à terre, et est assez dédaigneuse des croyances de chacun... J'ai toujours dit qu'elle manquait d'ouverture d'esprit.

- Elle est vraiment antisociale oui ! Toujours dans son coin, à dénigrer tous ceux qui osent se pointer... Vous devez être deux ou trois dans tout l'office à lui parler.

- Elle ne l'est pas tant que ça en fait. Elle ne parle pas des masses quand il y a du monde, mais pour être allé plusieurs fois boire des coups après le boulot avec elle, je peux te dire qu'elle n’a pas la langue dans sa poche quand elle veut. Puis, elle est drôle, à sa manière.

- Genre.

- Si si, sérieusement... Un peu cassante, et c'est pas forcément agréable de ce prendre un pique, mais elle sait rigoler. Je lui ai appris, ce fut long et pénible.

- Tu aimes bien te moquer d'elle... Tu ne fais pas autant le malin quand elle est dans les parages pourtant.

- Tu trouves ? Je ne me gêne pas pour lui dire ce que je pense pourtant. Et ça ne la dérange pas d'essuyer une remarque ou deux tant que ce n'est pas infondé, elle est relativement pragmatique et elle a conscience de ne pas être parfaite, alors quand tu touches là où ça fait mal, elle accuse le coup sans broncher... Mais ce n’est pas pour autant qu'elle va tenter de faire quelque chose pour changer ce qui dérange... Elle est comme ça, faut faire avec.

- Continue de fabuler tant que tu veux, cette nana, c'est qu'une peste arrogante. Tu l'idéalises parce que tu as flashé sur elle dès le jour où elle a débarqué avec son appareil photo dans les mains... Tu perds ton temps à t'inquiéter pour elle et tu devrais te trouver une gentille fille sensible. Je retourne au boulot, j'ai à faire."

Discussion entre Marie-Chistine, rédactrice chez Zoom et Marin, gestionnaire des ressources informatiques.

[/pcaractere][pphysique]"Quand elle passait au bureau, je savais qu'elle était là avant même de l'apercevoir... Elle poussait la porte vivement comme si chaque instant était compté, et elle déboulait là, dans sa grande veste verte avec de la fourrure sur la capuche, portant sur elle un mélange de parfum et de cigarette froide... Je me souviens, elle faisait le tour du bureau, serrant la main de Samy, sans attention particulière, taquinait notre stagiaire du moment en lui demandant une photocopie urgente, ou d'aller réparer son ordinateur qui marchait toujours parfaitement... Puis elle ébouriffait les cheveux de Thierry qui râlait de manière systématique avant de s'installer à côté de moi sur ce tabouret, son appareil photo dans les mains, ou avec son briquet qu'elle ouvrait et refermait pensivement. Je crois... Que ça me manque, de ne plus voir ses doigts s'animait contre le capot du briquet. Elle avait les doigts fins, les ongles toujours courts... Elle vivait dans un monde en noir et blanc, et n'était qu'une nuance de gris. Même sa peau était plus pâle que la normale, à croire qu'elle forçait sur le fond de teint ou qu'elle n'avait plus vu le soleil depuis des lustres.

Elle me faisait la bise, un traitement de faveur que je n'ai jamais compris, et commençait à parler de tout et de rien. Bien sûr, c'était souvent en rapport avec le boulot, mais j'aimais bien voir ses yeux noirs jeter des éclairs quand elle évoquait un désagrément ou les nanas de la compta'... Le pli de sa lèvre qui allait avec était pas mal d'ailleurs... Tiens... D'ailleurs, je ne l'ai jamais vu mettre de rouge à lèvres d'ailleurs, un peu de gloss parfois... Mais elle préférait se tartiner de mascara autour des yeux. Remarque, elle avait tout compris. Ça lui donnait un air peu commode et personne n'osait trop la contredire ouvertement. À ma connaissance, elle n'a d'ailleurs ni piercing, ni tatouage, ou peut-être qu'elle les cache sous ses slimes et ses t-shirts sans manche... Qui sait ?

Quand elle était sur un problème insolvable, elle passait sa main dans ses cheveux toutes les deux minutes en soupirant... Je me souviens, avant elle les avait vraiment courts, puis de retour de deux mois de congés, elle avait une longueur qui l'avait transformé. Des beaux cheveux noirs qui encadraient son visage, avec un peu de volume sur le dessus, et une mèche ou deux sur le front... J'ai honte de l'avouer, mais la première fois que je l'ai vu, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un garçon malingre qui tentait de se la jouer punk... Comprenez, elle n'avait pas des masses de poitrine, et elle faisait bien son mètre soixante-dix... Puis comme elle n'avait ni bague, ni boucle d'oreille et elle était habillée avec un pantalon slim en tartan... J'y ai cru, dur comme fer. Après, elle a changé, elle est devenue moins extravagante dans sa façon de s'habiller. Plus sobre, plus adulte. J'imagine que c'est dans l'ordre des choses... On finit tous par abandonné notre look d'adolescent mal dans sa peau pour s'essayer à des vêtements plus... Sobres. Du coup, d'explosive punk désagréable, elle s’est fondue dans la masse. Je m'imagine encore la voir débarquer d'un instant à l'autre, voir sa maigre silhouette affalée contre le cadre de la porte, son visage toujours neutre, et l'entendre me dire : "ramasse tes aff' j'ai trop la dalle pour rester ici un instant de plus". Je m'y suis attachée, beaucoup. Je crois que je l'aimais, mais je n'ai jamais osé lui en parler. C'est sans doute pour ça que j'arrive à la décrire sans l'avoir devant moi... Ha ha. Si c'est pas pitoyable."


Entretien de Marin, chargé de ressources informatiques, cellule de crise suite à la disparition de Jane Vidal.

[/pphysique][phistoire]"J'ai dis : NON ! 'tin, c'est pas possible d'être aussi buté. Je vais bien, je suis en un seul morceau, alors maintenant laissez-moi reprendre mes affaires et me barrer.

- Mademoiselle, on a besoin de votre témoignage pour coincer ce type. Il s'en est pris à vous, mais ça aurait pu être n'importe qui d'autre. Il est instable et dangereux.

- Pour la trois millième fois... Allez-vous faire foutre.

- Bon bon... Calmez-vous, d'accord ? On va reprendre depuis le début. Vous allez patienter ici le temps que la pression redescende. Thé ? Café ? Quelque chose ?"

Il était inutile de discuter avec ce type. Aveuglément, il ne faisait qu'appliquer des règles qui le dépassaient de loin. Je soupirais longuement en me laissant aller contre le dossier de ma chaise. Son regard inquisiteur à mon égard s'attarda, puis il se résigna dans un haussement d'épaules. Sans me consulter davantage et, à ma grande joie, sans me balancer au visage une autre ineptie, il fit racler sa chaise contre la moquette miteuse avant de contourner son bureau pour atteindre la porte derrière moi. Celle-ci se referma après son passage, et je me retrouvais seule à seule avec moi-même. Quelle soirée... Maintenant à l'abri des regards indiscrets, je me redressai lentement pour aller constater l'étendue des dégâts. Jusqu'à présent, tout s’était enchaîné si vite que je n'avais même pas eu le temps de croiser un miroir. J'approchais de la fenêtre, et m'arrêtais de telle manière à ce que le reflet dans la vitre donnant sur les quais de la Seine s'efface au profit de mon reflet. Ma pauvre Jane, tu faisais peine à voir. La lèvre tuméfiée, l'oeil bardé d'un bleu sombre qui se mélangeait au mascara qui avait ruisselé contre mes joues... À cet instant, je me trouvais des airs de dealeuse à la petite savate qui aurait eu un accrochage avec les forces de l'ordre. Inutile de dire que je trouvais à l'égard de cette brève pensée quelque chose d'assez amusant...

Non, je ne fumais pas, ni ne me droguais. Comme tout à chacun, il m'était arrivé lors d'une soirée de braver cet interdit, mais ma consommation s'arrêtait au stade de l'épisodique. Alors oui, je trouvais ça amusant. En revanche, le coton blanc qui apparaissait au niveau de mon flanc droit au niveau de la césure de mon t-shirt m'amusait beaucoup moins. Stigmate d'une soirée trop spéciale à mon goût, le pansement avait été appliqué par un jeune blanc-bec du poste de police... Et de toutes les marques qui apparaissaient sur mon corps après cette soirée, elle était de loin la moins douloureuse, mais la plus honteuse. Je voyais en elle un retour en arrière impossible, comme si ce soir, une étape irréversible avait été franchie. Il s’était passé tant de choses... Comment en était-on arrivé à ce stade ? Humph. Comme d'habitude, c'était la faute de cet enfoiré. Il avait déboulé plus ivre que d'habitude, à même pas dix-sept heure, et avait immédiatement demandé à ma mère de lui apporter un verre. Et dire que cette engeance était mon frère. Une épave, un trou sans fond capable d'ingurgiter n'importe quoi contenant ne serait qu'un micro-gramme d'alcool. Mon ainé, de deux ans. Après avoir essuyé un refus, il avait haussé le ton, assez pour me sortir de ma torpeur... J'étais descendu voir de quoi il en retournait, et je l'avais trouvé en train de s'en prendre à notre mère. Notre mère ! Ne lui avait-elle pas donné la vie ? Comment pouvait-il ingrat à ce point ? Comment pouvait-il se regarder dans une glace sans mourir de honte d'être devenu pire qu'une loque ? Je m'étais interposée, mais il avait eu vite fait de me faire dégager. Après tout, que pouvait bien faire une gamine de seize ans contre une armoire normande imbibée de vodka ? Si seulement mon père était rentré plus tôt ce soir-là. Rien de tout ça ne serait arrivé... Mais vivre de regret chimérique n'était pas mon fort, il fallait aller de l'avant.

Il avait commencé par me frapper au visage, deux fois, avant de me pousser contre la table avec autant de finesse qu'un bucheron... Ce n'était pas la première fois qu'il me frappait, et après avoir essuyé les coups, je me disais que ça ne serait certainement pas la dernière... Mais non. Il a commencé à hurler, à nous insulter, à frapper et jeter tout ce qui se trouvait à sa portée... Vaisselle, porte de la cuisine, couverts, grille-pain... Tout y était passé. Tout, sauf un couteau qui trempait dans l'évier. Une chance que l'alcool ait fait son office, où la lame ne m'aurait pas seulement éraflée. Et maintenant quoi ? Le balancer aux flics ? Je n'avais pas besoin de ça sur ma conscience, je laissais cette tâche à mes géniteurs qui nous avaient engendrés, lui et moi. Après tout, ils avaient leur part de responsabilité, bien plus que je n'en aurais jamais à son égard. Je soupirai profondément, mon regard passa de mon reflet au travers de la fenêtre, et j'observais ainsi la populace parisienne nocturne s'afférer, étancher leur soif sur les quais sous le regard d'un ciel d'été bien trop clément pour la saison... Et je soupirai de plus belle, envieuse comme jamais. Je détestai profondément cette partie de moi qui aspirait à rejoindre les rangs de l'insouciance. Mais tout à chacun se doit de supporter son fardeau, et le mien, ma plaie ainsi que celle de toute ma famille, c'était ce frère ingérable qui passait le plus clair de son temps ivre ou sous l'effet de telle ou telle drogue de synthèse. Mais cette fois, il ne s’était pas arrêté à une bousculade et à un haussement de ton, mais bien à une attaque à l'arme blanche.

J'avais eu une chance démente de m'en tirer avec une simple balafre. Demain, je me mettrai à la boxe. Pas question de me retrouver dans la même situation une fois de plus. En attendant, il allait falloir que je compose avec les types du commissariat. Ma mère et mon père devaient être dans une autre salle du bâtiment, quelque part. Je n'avais qu'une envie, les retrouver et rentrer chez nous pour remettre cette histoire à demain... Mais demain n'attendrait pas, car certains pontifes en costume voulaient des réponses, ni demain ni dans un mois, mais ce soir. Réponses que je n'avais pas envie de donner. Tout ça était encore trop frais, et paradoxalement trop flou. Je n'arrivais pas clairement à mettre de mots sur ce qui s’était passé cette nuit... Quant à mes parents, c'est à peine s'il pouvait encore parler. Le choc sans doute... Quoi qu'il en soit, il était parti, et il avait enfoncé une porte fermée sur son départ. Aucun d'entre nous n'était heureux dans cette atmosphère de menace constante. Nous étions dans l'oeil du cyclone, une zone calme et sans risque... Et brusquement, il nous en avait éjecté et nous nous étions retrouvés déchiquetés. Il faudrait être fou pour quitter l'oeil de son plein gré. D'aussi loin que je me souvienne, ça, et les racontars de ma famille, mon frère et moi avions toujours été proches et solidaires, surtout pour nous distraire l'un l'autre durant les interminables repas de famille... Et aujourd'hui, il avait tenté de commettre l'irréparable. Et moi qui croyais que les fratricides n'arrivaient que dans les tragédies grecques.

Je guettais le ciel à la recherche d'un nuage grondant qui aurait fait écho à mon ressenti du moment, mais celui-ci restait clair, indifférent de mes problèmes. J'observais, et en moi je sentis naître une colère sourde... Qu'est-ce que j'attendais exactement ? Qu'un grand barbu omnipotent m'envoie un signe ? « Ma pauvre... Tu perds complètement les pédales ».

[...]

Ce soir-là, comme chaque année depuis que je pouvais agir librement, je m'étais réfugiée chez une amie pour fuir la traditionnelle soirée d'anniversaire en mon honneur. Être au centre de l'attention me procurait toujours cette même sensation de malaise. Surtout que je préférais célébrer mon premier mois dans la vie active, avec un salaire gagné à la sueur de mon front plutôt que d'aller sourire bêtement aux membres de ma famille. Aucun d'eux ne m'en tiendrait rigueur, comme chaque année... On me dirait d'un ton condescendant que le départ de mon frère m'avait chamboulé et que ce n'était pas ma faute. Foutaises. Car oui, suite à cette soirée, il avait tout simplement disparu de nos vies, il ne donnait plus signe de lui et personne ne savait où il se trouvait. Je n'avais pas envie de me prendre la tête maintenant. Non, je préférais juste être là, installée sur un lit confortable du côté de Versailles, à regarder un film, lovée contre Maria qui s'extasiait de chaque retournement scénaristique, aussi prévisibles soient-ils. J'avais coupé mon portable, et je dormais à moitié... Je n'allais sans doute pas tarder à sombrer dans un sommeil agité, en grande partie à cause de la bouteille de tequila qui roulait sur le sol de sa chambre... Elle dut le sentir, car je vis le clapet de l'ordinateur se refermer et engloutir avec lui le dénouement du film. D'être plongé dans la pénombre relative de la chambre me sortit de ma transe, et je me redressai péniblement avant de m'étirer : "Et beh, il t'en aura fallu du temps pour comprendre que ce film était un navet...

- Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas que c'est un navet Jane...

- Sans doute..."

Se disant, je me laissais retomber, la tête sur l'oreiller, le dos de la main appuyée vainement contre le front. Mais cela n'empêchait en rien la chambre de tanguer légèrement... On avait clairement trop forcé ce soir, et j'allais sans doute le payer cher demain. Mais demain tardait à venir... Je regardais en direction de l'horloge murale qui ornait la chambre de Maria et vit qu'il n'était même pas vingt-trois heures... Si mon esprit s'apprêtait à vagabonder, le fait de sentir quelqu'un forcer sur ma chaussure pour me la retirer l'en empêcha. J'échappais un vague : "mais tu fais quoi ?" Tout en me redressant sur les coudes pour l'aider du mieux que je pouvais... Mais ces grolles avaient la vie dure, et il fallut bien à Maria deux minutes montre en main pour réussir à ôter la chaussure et sa jumelle, non sans quelques pouffements et éclats de rire. Elle forçait comme si sa vie en dépendait, mais n'arrivait à rien, quant à moi, je tentais de remuer le pied pour l'aider, mais rendue gauche par la l'alcool, je me retrouvais généralement à la gêner plus qu'autre chose. Résultat, après avoir lutté pendant quelques instants, je la vis balancer les fruits de ses efforts sur le plancher… La seule lumière qui traversait la pièce provenait de la fenêtre, plus exactement des lampadaires en extérieur. Le tout teintait la pièce d’une lueur jaunâtre blafarde, et on ne voyait à l’intérieur que des ombres se mouvoir. Les couleurs étaient ternes, et malgré ça, sa chevelure blonde reflétait cette pâle lueur, lui donnant un air irréel. Elle s’approcha, posant sa main contre ma poitrine en me poussant sur le matelas… Je me laissais glisser, perdant le pâle sourire qui avait orné mes lèvres après notre bref jeu marmonnant : « Et qu’est-ce que tu fais encore ?.. »

Elle ne dit rien, se contentant de sourire, venant effleurer ma joue de ses doigts. J’ignorais ce qu’elle voulait faire… Ou plus précisément, j’ignorais qu’elle ressentait quelque chose dans ce goût là à mon égard. Je posais doucement ma contre la sienne, écartant ses doigts tout en ajoutant d’un ton neutre : « Toi, tu as beaucoup trop bu. Et moi pas assez pour accepter ses avances ma p’tite…

- Et si je te disais que c’était en l’honneur de ton anniversaire ? On a pas vingt-quatre ans tous les jours… Pas vrai ? »

Je ne sais pas exactement ce qui me pris à cet instant, mais cette fois, je l’écartais plus fermement, avant de faire glisser mes jambes au bas du lit pour m’y asseoir : « Si c’est que ça, faut pas te sentir obligée.

- Attends… Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise ou quoique se soit d’autre…

- Mal à l’aise ? Tu prétextes mon anniversaire pour avouer un je-ne-sais-quel fantasme tordu et tenter de me foutre dans ton plumard. Alors merci, mais non merci. J’vais chercher un truc à boire à l’épicerie. M’attends pas pour dormir surtout…

- Non mais… Attend ! Hé ! Tu vas pas te barrer comme ça ? »

Je l’ignorais, et ramassait mes chaussures, me glissant dedans sans vraiment prendre le temps de les nouer. J’étouffais, et il fallait que je sorte, même ça signifiait affronter l’humidité de l’automne… J’ignorais le reste de ses plaintes, excuses et accusations, et enfilait ma veste avant de sortir une cigarette de son étui. Je lui j’étais un dernier regard, puis je tournai les talons. Cette soirée était jusqu’à présent passablement médiocre, et elle n’allait pas tarder à devenir cauchemardesque. J’errais une bonne partie de la nuit, fuyant la capitale et Versailles, et cherchant un endroit un peu plus en accord avec mon état d’esprit. Je sautai par-dessus une grille verte délimitant un parc, et remontais le sentier. Sans doute, si je n’avais pas eu l’esprit ailleurs, j’aurais prêté attention aux ombres évoluant autour de moi. On parle souvent de kidnapping dans les journaux, et jusqu’à présent, je classais ça dans la rubrique des chiens écrasés. Ça ne me touchait pas, et j’avais bien plus à faire que de me prendre la tête à mémoriser des portraits ou des photos… Mais ce soir –là, étrangement, ce terme pris une toute autre signification à mes oreilles. Car en cette soirée de septembre, je rôdais dans le grand-Paris pour la dernière fois.

[/phistoire][phorsjeu pseudo="Jiay" age="24 ans." sexe="Masculin." avatar="Jane - Création originale de Takenaka" origine="En zonant du côté des top-sites. Lequel exactement, je ne sais plus." suggestions="Ça m'a l'air sympa !"][/presentation]
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Katya Bokariova
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MessageSujet: Re: Jane Vidal || Don't mess with me, weirdo ~ Mar 8 Sep - 17:44

[blog][btexte titre="Bienvenuuuuueeeeuh!"]Comme dit sur la CB, j'aime beaucoup ta fiche ! Et désolée du délai de validation, on a eu un peu de mal à placer Jane.. :p
▬  Nous te proposons l'emploi de photographe et ouvrière. Ton personnage travaillera à l'ouest, dans l'usine de textiles, et prendra les photos pour les publicités et les boutiques. Comme ce n'est pas la fashion week tous les mois, afin de combler ses heures, Jane pourra passer à la couture parfois.
▬ N'oublie pas d'aller recenser ton avatar, demander un logement, et recenser ton métier ![/btexte][/blog]

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